Interview Amie Ndiaye Sow, Directeur Régional (Sénégal, Guinée, Mali) d’UBA

Amie Ndiaye Sow
Amie Ndiaye Sow

Dans le secteur bancaire ouest africain francophone, la sénégalaise Amie NDIAYE SOW est en passe de devenir une véritable icône, de par son parcours, son aura et son style de management. Capitalisant aujourd’hui une expérience d’une vingtaine d’années dans le secteur financier, elle nous présente son bilan à la tête de la filiale sénégalaise d’UBA qu’elle a récemment quittée pour prendre en charge la Direction régionale regroupant le Sénégal, la Guinée et le Mali. Cette battante de nature, mesure parfaitement le défi qui l’attend et se donne les moyens de le relever.

Quel bilan faites-vous de votre passage à la tête de la filiale d’UBA au Sénégal ?

Je peux dire que dans l’ensemble le bilan est satisfaisant. Si l’on se réfère au dernier rapport d’activités, en terme de résultat net nous nous positionnons dans le top 5 et cela depuis 3 ans. Nous avons une progression de 82% du total bilan sur les cinq dernières années. L’exercice 2017 de UBA Sénégal a enregistré un résultat net de plus de 7 milliards de francs CFA et un total bilan de 245 milliards de francs CFA. Il faut également noter
qu’au sein de notre Groupe, UBA Sénégal est classée 3ème après le Nigéria et le Ghana en terme de profitabilité.

Comment avez vous pu obtenir ces bons résultats en si peu de temps ?

En offrant à notre clientèle des produits et services mieux adaptés à leurs besoins et en anticipant sur la banque du futur.Depuis 2013 nous avons axé notre stratégie sur le développement du digital Banking. C’est ainsi qu’aujourd’hui UBA Sénégal est leader pour les cartes prépayées. Nous avons également créé des plateformes de paiements électroniques, qui nous ont permis de nouer d’importants partenariats avec de nombreuses structures publiques et privées. Ces innovations nous ont d’ailleurs valu d’obtenir en 2014 le prix du projet monétique le plus innovant en zone UEMOA. Et cette année, nous avons reçu le prix de la première banque en retrait bancaire émission.
Récemment nous avons lancé un nouveau produit, il s’agit d’un banquier virtuel, dénommé LEO, capable de solutionner on line une bonne partie des opérations bancaires courantes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce produit, quel est sa spécificité et à quel cible s’adresse t-il ?

LEO est en fait, un gestionnaire de compte virtuel. C’est un produit particulièrement adapté aux jeunes, à la nouvelle génération d’usagers des services bancaires. LEO est disponible 24h/24, il converse avec les clients, les aide à ouvrir un compte et à faire leurs transactions. Il fait d’ailleurs plus que cela. Parlez-lui de football, il vous donnera les toutes dernières actualités sur ce sport.

En terme de responsabilité sociale, quelles sont les actions majeures qui ont été initiées par UBA et sa filiale sénégalaise ?

Partout ou UBA est implantée, elle fait partie des grands contributeurs des pays. Au Sénégal, nous employons 241 collaborateurs répartis entre une douzaine d’agences. Il faut bien noter que notre objectif est le développement du Digital Banking, l’ouverture d’agences n’est donc pas une priorité absolue. Concernant les actions RSE, la fondation UBA organise chaque année la journée Read Africa pour encourager les jeunes à lire. Car nous pensons que malheureusement, le goût de la lecture est en train de disparaître chez les enfants. Plus généralement, l’éducation et l’amélioration de la qualité de l’enseignement sont pour la Fondation UBA une mission majeure. C’est aussi pour cela que UBA attribue chaque année 3 bourses d’excellence à des jeunes africains pour étudier, non pas en Europe ou aux États Unis, mais dans des universités africaines. Nous pensons qu’il est temps que l’on soutienne nos propres systèmes éducatifs et dans ce sens nous apportons des solutions innovantes à certaines universités pour améliorer la qualité de leurs enseignements et les placer au niveau des standards internationaux. A titre d’exemple nous avons équipé l’université de Douala de solutions digitales et biométriques permettant d’avoir un meilleur système d’information sur l’ensemble des étudiants.

Vous venez il y a juste quelques semaines d’être nommée directeur régional de UBA en charge en plus du Sénégal, du Mali et de la Guinée, quels seront vos objectifs prioritaires ?

La Banque mise énormément sur l’intégration sous régionale et l’interaction des économies.
Notre mission est d’anticiper sur l’évolution du secteur économique afin de mieux répondre aux besoins des clients car nous pensons qu’à terme la banque traditionnelle va subir de profondes mutations. Nous avons aujourd’hui au sein de la zone UEMOA, une croissance moyenne de 6%. Notre ambition est d’accompagner cette tendance en poussant partout dans la zone, les secteurs porteurs à fort potentiel. Par exemple, en finançant les infra- structures et les échanges commerciaux transfrontaliers, nous apportons une contribution essentielle à l’intégration.
De même nos solutions digitales permettent d’utiliser son compte UBA dans tous les pays de la sous région exactement comme un compte local. Dans tous les pays où nous sommes présents, nous souhaitons contribuer à la croissance économique et pour ce faire, travaillons étroitement aux côtés des pouvoirs publics et du secteur privé.

Par ailleurs il faut reconnaître que le taux de bancarisation demeure en Afrique très faible, la digitalisation notamment avec l’exemple de LEO, le banquier virtuel que nous avons lancé pour toucher un public plus large, nous permettra de jouer pleinement notre rôle, qui est celui de financer l’économie des pays d’implantation de la Banque.

Interview réalisée par A. S. TOURE