Les déboires de WARI: difficultés passagères ou imminent dépôt de bilan ?

Kabirou Mbodj
Kabirou Mbodj

C’est une des icônes les plus médiatiques de l’Afrique de l’Ouest francophone et l’un des entrepreneurs les plus prospère de sa génération. Kabirou Mbodj a construit son groupe Wari, brique par brique, déjouant tous les pronostics. Mais voilà, depuis quelques semaines les bruits courent à Dakar sur une éventuelle faillite de Wari, un imminent dépôt de bilan. Sur ces allégations, Kabirou Mbodj a décidé de clarifier les choses. Wari a publié un communiqué de presse pour couper court à ce qu’il qualifie de pure « campagne de dénigrement ».

Le groupe consent avoir eu quelques difficultés au Sénégal. Des difficultés persistantes dues, selon le communiqué, non pas à la situation financière de l’entreprise « mais uniquement à des contradictions commerciales entre certaines banques partenaires de Wari ». Ces partenaires financiers, lui exigeraient des conditions et des modes de fonctionnement « inacceptables ». Ce qui aurait eu pour conséquences de bloquer le paiement des distributeurs et par ricochet ceux des clients finaux. Mais le communiqué précise que l’entreprise met tout en œuvre pour « rétablir une bonne qualité de service et restaurer la confiance que les usagers sénégalais ont pour Wari ». Elle assure que « des dispositions sont en cours d’implémentation pour un retour à la normale dans les plus brefs délais ».

Au-delà de sa finalité, qui est de rassurer l’opinion, ce communiqué suscite néanmoins quelques interrogations. Comment des relations contractuelles avec les banques peuvent-ils compromettre le fonctionnement régulier des activités d’un si grand groupe, qui a pignon sur rue ? La stratégie prêtée à Wari, est-elle finalement aussi bien huilée qu’on l’aurait pensé ? Wari a été longtemps considéré comme un acteur avant-gardiste du secteur des Télécoms, qui a su élaborer un véritable plan de développement africain au moment où la demande de faiblissait pas. Kabirou Mbodj a-t’il fini par baisser la garde ? s’est-il fait doubler par la concurrence, qui est dans ce secteur, extrêmement féroce ? L’avenir nous le dira.

A .C. Diallo