Questions sur le départ de Jennifer Blanke, VP de la BAD

Jennifer Blanke
Jennifer Blanke

C’est dans un contexte particulier, empreint de suspicions sur la gestion de son président, le nigérian Akinwumi Adesina, que la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé la démission de Jennifer Blanke, vice-présidente pour l’agriculture, le développement humain et social. Elle devra quitter ses fonctions à compter du 4 juillet 2020.

L’américano-suisse, qui a justifié son départ par des raisons familiales, avait rejoint la BAD en 2017 et s’occupait de la supervision d’un certain nombre de programmes clés de la Banque. «Je remercie le président Akinwumi Adesina pour son leadership, ses conseils et son soutien solides qui ont sans aucun doute motivé et aidé mon équipe et moi à jouer un rôle clé dans la transformation de la Banque. Je me sens privilégié d’avoir eu la possibilité de contribuer au programme de la Banque pour accélérer la transformation sociale et économique de l’Afrique. », a déclaré Jennifer Blanke.

Pour sa part, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a déclaré avoir été ravi de travailler avec Jennifer Blanke au cours des trois dernières années et demie. Il a loué ses compétences en leadership et les succès qu’elle a pu engranger pour la BAD sur de nombreux fronts, en particulier dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’autonomisation financière des femmes et de la création d’emplois.

Ce départ plutôt inattendu de la Vice-présidente Blanke, considérée comme un membre de la garde rapprochée de Adesina, interroge. Pourquoi maintenant ? Ce départ donne surtout du grain à moudre aux adversaires du président sortant, qui ne croient guère au motif évoqué par la démissionnaire et y voient rien de plus qu’un volteface de celle qui, il y’a juste quelques semaines, vantait les mérites de président de l’institution. Ce dernier se serait bien passé d’un tel évènement, qui n’est pas de bon augure, au moment où il est question de rassembler tous ses soutiens face aux feux des lanceurs d’alertes et aux injonctions de l’administration Trump.

A.T