Secteur minier: Endeavour met le grappin sur Semafo

Benoit Desormeaux
Benoit Desormeaux DG de SEMAFO

Après d’âpres négociations, les actionnaires de l’opérateur minier Semafo ont entériné sa fusion avec la société Endeavour, pour 1,5 milliard de dollars. Les actionnaires ont approuvé le plan d’affaires annoncé antérieurement en vertu duquel SEMAFO fusionnera avec Endeavour Mining Corporation. Plus de 99,7 % des votes exprimés par les actionnaires de Semafo étaient en faveur de cette option. Une page se tourne pour la société québécoise, pionnière de l’industrie minière au Burkina Faso mais qui fut fortement fragilisée par les attaques terroristes survenus en 2019 au Burkina Faso.

Créée par le québécois Benoit La Salle en 1994, c’est en 2002 que l’opérateur minier Semafo (Société d’exploration minière en Afrique de l’Ouest) coulera son premier lingot en 2002 au Burkina Faso. Ensuite s’en suivirent des années de réussite pendant lesquelles l’opérateur lancera quatre mines produisant plus de 3 millions d’onces d’or, contribuant significativement à l’essor de l’industrie aurifère en Afrique de l’Ouest et au Burkina Faso en particulier. En 2018, Semafo a versé près de 24 millions de dollars à l’État Burkinabé sous forme de taxes, impôts et redevances perçues sur ses exploitations de Mana (créée en 2008 et située à 260 kilomètres au sud-ouest de la capitale Ouagadougou) et Boungou, (ouverte en 2017 et située dans le sud-est du pays). C’est justement dans ces régions que les attaques terroristes se sont multipliées au cours de l’année 2019. C’est ainsi que l’opérateur va déplorer le 6 novembre 2019, l’attaque d’un de ces autobus transportant des travailleurs de la mine de Boungou. Le bilan fut lourd, 39 personnes décédées, 1 personne disparue et 60 blessés. L’entreprise québécoise sera contrainte de suspendre ses activités au Burkina jusqu’à nouvel ordre.

A. Sall