Ces femmes qui ont brisé le plafond de verre

Kady Fadika-Coulibaly
Kady Fadika-Coulibaly

Une fois n’est pas coutume, nous avons choisi de vous parler de quelques unes de ces femmes qui ont surmonté les préjugés et brisé le fameux plafond de verre. Elles ont tracé leur chemin avec une force impressionnante et se sont intégrées elles-mêmes avec élégance et fierté dans un monde des affaires traditionnellement réservé aux hommes. Ces femmes au parcours emblématique et l’exemple qu’elles ont donné ont pavé la voie à toutes celles qui, nombreuses, les suivront, transmettant le fruit de leur savoir, de leur expérience et de leur détermination.

Le «plafond de verre», c’est le constat qu’il existe un plafond invisible auquel se heurtent les femmes dans l’avancée de leur carrière ou dans l’accession à de hautes responsabilités, et qui les empêche de progres- ser aussi vite et autant que les hommes. L’expression “plafond de verre” recouvre une réalité, difficile à percevoir par qui n’y est pas confronté, faite de petits bâtons dans les roues ou de freins, d’exclusion d’un entre-soi par défaut masculin, d’une vision genrée de la répartition des tâches, de présomption d’incompétence (là où les hommes sont, au contraire, «présumés compétents»)

Un accès à l’égalité de pouvoir loin d’être achevé

En théorie, et en droit, pourtant, les femmes et les hommes ont un égal accès aux études, au vote, etc.
S’il apparaît que les femmes ont progressivement obtenu l’accès à tous les aspects formels de l’égalité, l’accès en droit à toutes les formations et à tous les postes étant désormais réalisée, l’histoire de leur accès à l’égalité de pouvoir est loin d’être achevée.
Rendre compte du plafond de verre suppose de faire coîncider deux phénomènes apparemment contradictoires : les progrès des femmes dans les professions qualifiées le maintien des inégalités face à la carrière et face à l’accès à des positions de pouvoir formel dont témoigne la position minoritaire des femmes dans les hiérarchies organisationnelles. Le constat du plafond de verre remet en cause la conception selon laquelle le mérite détermine la promotion dans des organisations qui sont pourtant fondées sur ce principe. Un principe que certaines femmes africaines gardent chevillé au corps, à l’image de l’ivoirienne Kadi Fadika-Coulibaly.

Quand le mérite détermine la promotion

A l’instar de nombreuses femmes de sa génération, Kadi Fadika-Coulibaly est d’abord bien formée. Titulaire d’un MBA de l’Université Howard (États-Unis), d’un diplôme en ingénierie économique et d’un BA en économie de l’Université de Toulouse I, elle cumule près de 15 années d’expérience professionnelle en finance d’entreprise et possède une expertise dans le domaine des fusions et acquisitions, des émission de valeurs mobilières (notamment actions et obli- gation) ainsi qu’en matière de privatisation.

Pourtant ses débuts ont été laborieux puisqu’elle a débuté sa carrière en tant qu’analyste financier chez SGI Hudson & Cie avant de rejoindre RBC Banque Royale à Montréal (Ca- nada), où elle a occupé plusieurs postes dans les domaines du conseil en investissement, de la gestion et de la conformité.

De retour en Côte d’Ivoire, elle réintègre la SGI Hudson & Cie et devient en juin 2008, chef du département des marchés financiers, chargée du développement des activités de recherche sur les ventes sur le marché primaire et des conseils en investissement aux clients institutionnels et haut de gamme.

Une première victoire qui ne tardera pas à se renouveler puisque 4 années plus tard, précisément le 1er janvier 2012, elle est nommée Administrateur Directrice Générale et devient ainsi une des rares africaines à diriger une société de gestion et d’intermédiation boursière.

D. L