Omar Cissé, CEO de InTouch

Omar Cissé
Omar Cissé

La façon dont un entrepreneur se raconte est toujours significative: il y’a ceux dont le «je» est omniprésent. Il y’a ceux qui, au contraire, vous la jouent en bémol pour mieux se rengorger. Avec Omar Cissé, c’est autre chose : il y’a chez lui un côté officier de cavalerie, prêt à monter à l’assaut avec sa troupe. Le fondateur de InTouch n’a pourtant pas fait l’armée, bien qu’il soit diplômé de l’école supérieure Polytechnique de Dakar. Son dada à lui, c’est l’entreprenariat, c’est là qu’il s’éclate le plus. En créant InTouch une start-up spécialisée dans la fintech, Omar Cissé prend le pari sur l’avenir et pourrait bien dans quelques années toucher le jackpot. PORTRAIT.

C’est à sa sortie de l’École supérieure de Polytechnique de Dakar qu’Omar Cissé lance avec 2 camarades, sa première entreprise 2SI, spécialisée dans l’ingénierie logicielle, avec comme clients les organismes gouvernementaux, les grandes entreprises, les régies financières publiques, etc…C’est le début du sms Banking au Sénégal, et 2SI va y prendre sa part en développant des solutions adaptées au marché et dont certaines seront commercialisées par la SONATEL.

Auréolé par ce succès, il ajoute une nouvelle corde à son arc en 2010 et décide de s’orienter vers l’accompagnement des entrepreneurs. C’est alors qu’il lance, en collaboration avec l’Organisation des Professionnels des TIC du Sénégal, la Banque mondiale, la SONATEL et l’Etat sénégalais, le CTIC Dakar, premier incubateur spécialisé dans l’accompagnement des entre- prises du secteur TIC. Cette expérience sera unanimement saluée et inspirera de nombreuses initiatives dans la sous région. Mais l’entrepreneur ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. En 2013 il cofonde avec un ami, Teranga Capital, un fonds d’investissement disposant d’un capital d’un peu plus de 4 milliards de francs CFA dont l’objectif est d’apporter de l’argent frais aux petites et moyennes entreprises pour assurer leur croissance.

Mais le vrai déclic se produit en 2014 avec la création de InTouch, spécialisée dans l’agrégation de moyens de paiement et de services digitaux L’initiative de cette entreprise à vocation panafricaine part d’un constat simple : en Afrique, on estime à un peu plus de 500 millions de dollars les transactions journalières en mobile money, avec une croissance d’un peu plus de 26% tous les ans. La plupart de ces transactions passent par des points physiques qui sont essentiellement des boutiques de quartiers. Il se trouve que, compte tenu du nombre important d’opérateurs en mobile money, chaque point physique doit se doter d’une multitude de terminaux de paiement, d’interfaces de login, de mots de passe etc…

Omar a eu l’idée géniale de créer une solution unique qui s’intègre à tous les opérateurs, permettant aux commerçants d’accéder via une seule et unique plateforme à tous les services.

L’autre mérite de l’entrepreneur est d’avoir réussi à nouer un partenariat avec le groupe Total, lui offrant la possibilité de déployer sa solution dans les différentes stations que dispose le distributeur pétrolier sur tout le continent africain. C’est ainsi qu’en seulement quelques années d’existence, InTouch est déjà présent dans 7 pays africains et s’apprête à inaugurer sa 8ème représentation. La plateforme génère chaque jour un peu plus de 600 millions de francs CFA de transactions et ce chiffre est en constante progression. Ce succès ne s’est évidemment pas réalisé sans contraintes. Selon l’entrepreneur, toute la difficulté consistait d’abord à asseoir une crédibilité. Il y’a également les questions liées à la sécurité du système informatique, pour s’assurer constamment de sa robustesse. C’est ainsi qu’InTouch a pu nouer un partenariat avec Worldline, filiale du groupe ATOS, un des leaders européens des services de paiement et de transactions, pour l’exploitation de son système.

Le modèle économique de ce type de business exige également de se développer très vite afin de déployer la solution partout où c’est possible car dans ce domaine comme d’autres la concurrence reste rude. Une concurrence qui n’effraie pas outre mesure le promoteur, convaincu qu’avec InTouch, il a pris une longueur d’avance. A.T