Me Fatoumata Sidibé-Diarra: « Le PPP peut être un outil innovant et avantageux pour répondre aux défis du développement économique »

Avocate inscrite aux Barreaux de Paris et du Mali, Fatoumata Sidibé-Diarra apporte son expertise dans le domaine du droit des affaires. Elle se positionne particulièrement dans le domaine minier, des Partenariats Public-Privé (PPP) du financement de projets et du droit des sociétés. Avec rigueur et détermination, elle délivre une assistance juridique de haute valeur ajoutée, elle nous dévoile les ambitions du Cabinet qu’elle dirige.
Interview.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre parcours ?
J’ai suivi mes études supérieures à l’Université Jean Moulin Lyon III (France) et à l’université de Monréal (Canada) avant d’obtenir mon Certificat d’aptitude à l’exercice de la profession d’avocat ( CAPA) auprès de l’Ecole de formation des Barreaux de Paris.
Je suis inscrite aux Barreaux de Paris et du Mali et ai fondé le cabinet FSD Conseils en 2010.

Quels sont les domaines d’expertise de votre cabinet ?
Nous nous positionnons en droit minier et conseillons de nombreuses « majors» du secteur qui investissent au Mali au stade de la recherche ou de l’exploitation. Nous les assistons tout le long du projet minier (acquisition et cession de titres miniers/ prise de participation etc…). Nous intervenons également dans le cadre de projets de partenariats public-privé (aux côtés des prêteurs ou du sponsor dépendamment du dossier) et de financement de projets. Le Cabinet conseille des institutions internationales, de nombreux investisseurs mais également des sociétés locales en matière de droit de sociétés ; réglementation économique et financière ; prise de participation ;encadrement des opérations de concours financier ; prise de garanties ; transactions internationales etc….).
Enfin nous assistons des organismes internationaux ainsi que des représentations diplomatiques principalement en matière de droit social.

Quelles sont les clés pour vous imposer dans un environnement si concurrentiel ?
En ce qui nous concerne, le Cabinet porte une attention particulière aux attentes des Clients afin de leur délivrer l’assistance juridique la mieux adaptée.
Nous nous considérons comme des « des facilitateurs de solution » et appliquons de manière constante notre devise « rigueur – compétence et détermination ».

Vous avez évoqué le partenariat public privé, ce mode contractuel peut-il être un facteur de développement pour l’Afrique ?
Le partenariat public-privé est un outil extrêmement intéressant, en particulier, en ce qui concerne un continent comme l’Afrique. En effet nous avons d’une part un déficit patent en termes d’infrastructures et d’accès aux services sociaux de base, notamment la santé, l’éducation, l’électricité, l’eau.
Et d’autre part, les moyens financiers de nos Etats sont limités.
Le partenariat public-privé peut donc s’avérer être un outil innovant et avantageux pour répondre aux défis du développement économique : en permettant un partage efficient des risques entre les autorités publiques et le partenaire privé.
En outre, l’encadrement juridique des PPP, quoique récent, dans la plupart des Etats africains est un atout majeur afin de rassurer les investisseurs étrangers.
Il s’agit toutefois d’un mode contractuel très complexe et non dénué de risques, d’où l’importance pour les parties de se faire assister par des Conseils juridiques compétents.

Et le secteur minier ? Pourquoi ne constitue-t-il pas un levier de développement plus important pour les pays producteurs ?
Il est vrai que si le secteur minier représente une part non négligeable du PIB de la majorité des États miniers, cela n’a pas forcément entrainé l’amélioration attendue des performances économiques de ces États.
Pour pallier à cela les Etats concernés doivent tout d’abord instaurer un cadre juridique stable et attractif en ayant une vision à moyen et long terme du secteur.
L’accent doit également être mis, entre autres, sur le développement des infrastructures mais également sur l’éclosion d’un secteur privé local de prestataires connexes , en capacité de répondre efficacement aux besoins des sociétés minières.

Vous travaillez avec de nombreux investisseurs étrangers, comment faire progresser le niveau des investissements directs étrangers en Afrique ?
Tout est une question de vision et de politiques mises en place par les gouvernants.
En effet l’investisseur étranger va tout d’abord être attentif au risque politique, au climat des affaires, à la situation économique (l’accès au crédit et le coût du financement par exemple), à la croissance économique, l’inflation ou encore les infrastructures.
D’autre part, la plupart des économies africaines sont encore fortement dominées par les matières premières ou les produits non transformés.
Or la plupart des pays qui attirent les capitaux étrangers sont ceux qui ont diversifié leur économie, notamment à travers des industries manufacturières ou encore les nouvelles technologies.
Il faut donc miser sur la stabilité politique, les facteurs économiques , les infrastructures ainsi que sur la qualité du capital humain afin de bénéficier pleinement des retombées des IDE.

Propos recueillis par Anne-Cécile DIALLO