Rentrée 2018 du REAO-MALI, un diagnostique sans complaisance de la politique d’industrialisation

Houd BABY, Président du REAO MALI
Houd BABY, Président du REAO - MALI

Incontournable rencontre du secteur privé national, la rentrée annuelle de la branche malienne du Réseau des Entreprises en Afrique de l’Ouest (REAO) s’est déroulée le 16 mars 2018, lors d’un dîner-débat à l’Hôtel AZALAÏ SALAM de Bamako, sous le parrainage du premier ministre malien Soumeylou Boubeye MAIGA et avec comme invité d’honneur Carlos LOPES, ancien secrétaire général de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA). Des échanges directs et francs ont émaillé la soirée, entrepreneurs et pouvoirs publics se sont dits certaines vérités dans un climat emprunt de courtoisie et de convivialité.

La rentrée annuelle du REAO-Mali, a réuni autour d’un dîner-débat, des membres du gouvernement, des élus, des diplomates ainsi que les représentants les plus significatifs du secteur privé malien. La thématique débattue cette année « Quelle politique industrielle pour un développement accéléré au Mali » a mis au centre de toutes les attentions l’entreprise industrielle et ses multiples déboires. Invité d’honneur de la rencontre, le Bissau-Guinéen Carlos LOPES, ex secrétaire général de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) a expliqué en quoi l’industrialisation demeure pour les pays africains une voie de salut.

Un plaidoyer vigoureux
Pour Carlos LOPES, le développement du continent africain passe inévitablement par l’industrialisation. Quid du Mali dont les potentialités économiques ont été rappelées par M. HOUD BABY, Président du REAO-Mali et dirigeant d’une entreprise industrielle ?
Ce dernier a fait un plaidoyer vigoureux pour une prise de conscience des pouvoirs publics sur l’urgence d’engager une véritable politique d’industrialisation. Il a rappelé que le Mali est 1er producteur de coton en Afrique cette année, 1er exportateur de bétail de la CEDEAO, 1er producteur de riz de l’UEMOA et 3ème producteur d’or en Afrique. Comment se fait-il alors, qu’avec tant d’atouts, l’industrie malienne est encore à la traîne ?

Des maux connus
Pour M. HOUD BABY, les maux sont connus et ont pour noms : la concurrence déloyale du fait d’une application limitée de la réglementation, le manque d’audace des pouvoirs publics dans les réformes à engager, un manque de culture industrielle, une commande publique ne favorisant pas les produits nationaux et la trop faible part accordée à l’industrie dans le budget national.
« Nous devions avoir une vision prospective de notre croissance bâtissant notre industrie sur la base de nos avantages comparatifs » a t-il martelé.
Mais à la rentrée annuelle du REAO-Mali, il n’y a pas que des discours, il y a aussi le débat, direct et franc, sans langue de bois, où entrepreneurs et pouvoirs publics se disent les quatre vérités, dans un climat emprunt de courtoisie et de convivialité.

A.S.T