Lynda AMADAGANA
 Avocate aux Barreaux de Paris et du Cameroun Conseil Juridique ACTIS - CAMEROUN
Lynda AMADAGANA
, Avocate aux Barreaux de Paris et du Cameroun Conseil Juridique ACTIS - CAMEROUN

Cette avocate camerounaise, très active, a plusieurs cordes à son arc : Membre du Bureau de l’African Business Lawyers Club (ABLC), Vice présidente du Club Diallo TELLI, elle trouve encore le temps de s’investir pour d’autres actions caritatives.

Retour aux sources

Avocate aux barreaux de Paris et du Cameroun, spécialisée en droit des affaires, Lynda AMADAGANA exerce depuis six années au sein de bureaux parisiens de cabinets internationaux dont près de quatre années au sein du cabinet américain Orrick Herrington & Sutcliffe. Elle conseille de grandes entreprises sur la structuration juridique de projets énergétiques ou infrastructurels en Afrique et est aujourd’hui le conseil juridique du fonds d’investissements anglais ACTIS au Cameroun. Son passage au Cabinet Orrick Herrington & Sutcliffe fut pour elle un formidable tremplin, qui lui a permis quelques incursions sur le continent africain.

Lynda a pu ainsi approfondir ses connaissances sur la pratique du droit des affaires en Afrique tout en s’imprégnant des réalités de l’environnement des affaires. « L’environnement juridique en Afrique est très mouvant. Il y a un vrai regain des investisseurs internationaux pour le continent africain et des opportunités dans tous les secteurs. Si l’on prend le secteur juridique par exemple, il y’a un grand besoin de spécialisations dans des domaines comme le droit maritime, le droit de la distribution, le droit des assurances qui ne sont pas encore complètement couverts ». Mais face à ces opportunités que faire ? Faut-il se complaire dans son petit confort quotidien ou faut-il rentrer ? Le cas échéant, quand rentrer, où et pour quoi faire ?

« Pour ma part, je n’ai pas eu à réfléchir longtemps, une opportunité s’est présentée et je l’ai saisie ». L’opportunité en question, c’est d’assurer le conseil et l’assistance juridique du fonds d’investissement ACTIS (un des plus importants au monde) dans ses investissements au Cameroun, son pays natal. Une aubaine pour celle dont le cœur n’a jamais réellement quitté l’Afrique.

La culture et l’approche du terrain

Mais son expérience du terrain lui rappelle qu’elle devra désormais porter plusieurs casquettes. « En Afrique, le rôle de l’avocat n’est pas simplement celui de conseil juridique d’une entreprise, mais un véritable partenaire dans son fonctionnement. Il faut donc être à la fois un conseil juridique mais également être au fait du contexte économique et posséder une vraie connaissance du marché ».

Aux jeunes juristes africains qui hésitent encore à faire le grand saut, Lynda Amadagana, repatriée tout récemment conseille l’audace : “ J’invite mes confrères installés en France et en Europe à avoir un regard positif sur le marché africain. Leur technicité est un atout formidable. Il y’a également l’aspect formation des juristes africains qui n’est pas à négliger ainsi que l’amélioration de la pratique des affaires. Il y a un vrai besoin pour les avocats africains, de se mettre ensemble pour créer des cabinets de référence, capables d’obtenir des mandats pour des grands projets. Ceci est d’autant plus nécessaire quand on voit débarquer en Afrique des cabinets d’avocats internationaux qui n’ont pas forcément la culture et l’approche du terrain ».

Les défis à relever

Quant aux défis à relever pour améliorer la pratique du droit des affaires en Afrique, l’avocate reste lucide :
 »Tout commence par la formation de professionnels du Droit, il n’existe pas encore de véritables écoles de formation dans les barreaux en Afrique. Il faut que l’on développe plus de rapports entre les jeunes avocats et juristes et les professionnels.

Le deuxième axe est la structuration du marché. Il y a un certain protectionnisme des barreaux locaux. Mais le problème peut être traité différemment. Il serait plutôt idéal de réfléchir à des partenariats entre les cabinets locaux et les cabinets internationaux pour un enrichissement mutuel. Enfin, je pense qu’il faut de vraies politiques d’attractivité pour les jeunes candidats au retour pour entrainer un retour massif de la diaspora qualifiée. Il y’a un vrai besoin de ressources qualifiées sur le continent et la diaspora africaine a un rôle à jouer. Certains pays comme le Rwanda ont commencé à montrer le chemin. S’agissant de ses perspectives en Afrique et singulièrement au Cameroun, Lynda veut voir le verre plutôt à moitié plein : « Pour ma part j’envisage mon retour avec beaucoup de sérénité et beaucoup d’enthousiasme. Continuer d’exercer mon métier d’Avocat sur le marché africain en étant le conseil juridique d’un fonds tel ACTIS est une réelle opportunité qui me permet de comprendre l’environnement des affaires et de participer au développement du continent ».