Christian MION, Associé en charge du secteur minier à ERNST AND YOUNG : « Il faut créer les conditions d’attractivité permettant d’attirer le plus d’investissements dans le secteur minier »

Christian MION est l’un des 12 associés au monde, en charge des Mines, au sein du Cabinet Ernst and Young. Il couvre l’activité́ « mining » en Afrique et au Moyen Orient avec un focus essentiel sur les marchés émergents. A force de déplacements sur le continent et souvent pour des séjours longs, il a fini par apprendre quelques rudiments de langues locales. Une nécessité professionnelle pour cet homme courtois et chaleureux, qui a su tisser un vaste réseau aussi bien dans le milieu politico-économique que dans la société civile africaine.

Dans les locaux du siège parisien de Ernst and Young (EY) au quartier d’affaires la Défense, dont les fenêtres donnent sur les teintes d’automne du jardin de l’esplanade, Christian Mion a du mal à cacher sa joie. Il faut reconnaître que les performances africaines de EY, l’un des BIG FOUR du consulting sont, notamment dans le secteur minier, assez impressionnantes.

Créer les conditions d’attractivité permettant d’attirer le plus d’investissements

Doté d’une double formation ingénieur et finance, country manager en Afrique notamment en Guinée et en RDC, Christian MION totalise aujourd’hui près de 25 ans de partnership au sein du cabinet et 30 années d’expérience dans le secteur minier africain. Lorsque cet amoureux de l’Afrique parle du secteur minier africain, on peut donc lui faire confiance.

Pour lui, l’un des enjeux majeurs des mines en Afrique, réside dans l’absence de vision claire de certains dirigeants politiques pour ce secteur, pourtant pourvoyeur d’importantes ressources financières : 
« Les matières premières il y’a en partout dans le monde même si certains pays sont mieux dotés que d’autres. Il faut donc créer les conditions d’attractivité permettant d’attirer le plus d’investissements ».

Trois pays cependant semblent, à ses yeux, sortir du lot, pour avoir mener des reformes audacieuses: le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry. Dans ces pays, plusieurs mesures incitatives ont été adoptées pour accompagner la relance du secteur minier.

Un régime fiscal spécial pour les investisseurs miniers

La question brûlante demeure, bien sûr, celle de la fiscalité au sens large et d’un cadre attractif général.

Si elle permet en temps normal à l’Etat d’assurer le financement des charges publiques, elle devient en période de crise un formidable instrument d’intervention économique et sociale.

Faut-il, pour autant, appliquer aux opérateurs miniers un régime spécial ? Pour Christian MION, la réponse est Oui. Il préconise, à cet effet, l’instauration d’une « flat tax » susceptible de donner un signal fort aux investisseurs internationaux et de rétablir la confiance. Une confiance, il est vrai, souvent mise en doute, de part et d’autre.