Pathé DIONE, Président du Groupe SUNU ASSURANCES : « Nous contribuons à améliorer la culture de l’assurance »

Le Groupe SUNU ASSURANCES Holding S.A a été créé en 1998 par d’anciens cadres africains travaillant dans le secteur des assurances. Son réseau est aujourd’hui fort de 19 sociétés d’assurances africaines, avec une présence dans onze pays de la zone CIMA. Premier groupe d’assurances Vie sur toute la zone CIMA, son portefeuille se partage entre onze sociétés d’assurance Vie et huit sociétés d’assurances Dommages. Son fondateur et Président M. Pathé DIONE, nous éclaire sur sa vision du Groupe et du secteur de l’Assurance en Afrique.

Quelles sont selon vous, les contraintes majeures à l’exercice du métier de l’Assurance en Afrique ?

La principale contrainte est le faible de taux de pénétration de l’assurance dans nos pays. La sensibilisation aux principes de l’assurance auprès des populations est un combat que nous menons tous les jours. L’assainissement du marché doit aussi être une priorité : il y a beau- coup de sociétés trop petites. Une consolidation est nécessaire pour donner naissance à des entreprises plus viables.

Il fut un temps où en Afrique, on se plaignait régulièrement des assureurs et leur manque de diligence en cas de sinistre, peut-on considérer que ce temps est révolu ?

Vous savez, il est dans l’intérêt des assureurs, pour la pérennité de leurs activités ainsi que pour leur réputation, de régler dans les délais les sinistres survenus. Les sociétés du groupe SUNU sont réputées pour honorer leurs engagements. Enfin, notre autorité de tutelle, la CIMA, effectue régulièrement des contrôles sur place dans les sociétés du groupe SUNU pour s’assurer du respect des dits engagements. Nous pouvons affirmer que les acteurs du marché des Assurances en Afrique de l’ouest œuvrent pour que ce temps soit définitivement révolu.

Sunu est présent dans plusieurs pays africains. Existe t-il des différences notables en termes de couverture, selon que l’on soit de l’Afrique du Nord, du Centre ou de l’Ouest ?

Les offres des Assureurs en Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre sont sensiblement les mêmes ; les populations éprouvent les mêmes besoins de couver- ture en fonction de leur niveau de vie : protéger leur vie, assurer l’avenir de leurs enfants, préparer leur retraite, assurer leurs biens, leurs entreprises etc…

Par contre le taux d’équipement des populations diffère selon les pays. Effectivement, en Afrique du Nord, notamment au Maroc on assiste à un développement de l’Assurance plus important car les populations sont plus éduquées et plus sensibilisées à la culture de l’Assurance. On constate également un écart notable entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.

La Stratégie du Groupe Sunu c’est de contribuer, dans chaque pays où il est présent, à améliorer la culture de l’Assurance ; cela passe par de la pédagogie envers les populations, et de la sensibilisation des pouvoirs publics qui doivent être parties prenantes de ce processus.

On parle beaucoup de Bancassurance, que renferme que concept ? peut-il être expérimenté à succès dans les pays africains ?

La Bancassurance est un concept assez simple : c’est la distribution des produits d’assurance par les réseaux bancaires. Par exemple lorsque qu’une personne contracte un emprunt à la banque, elle souscrit en même temps une assurance qui servira à rembourser le prêt en cas de décès. La compagnie peut également distribuer d’autres pro- duits tels que la retraite complémentaire, la Rente Education, l’Epargne, l’Assurances Auto, l’Assurance Multirisque Habitation, etc…

En retour de la distribution de ces produits, la Banque reçoit une commission qui vient améliorer son Produit Net Bancaire ; De plus, la compagnie d’Assurance, en tant qu’investisseur Institutionnel effectue des placements auprès de la Banque, ce qui lui permet d’exercer son activité principale qui est d’accorder des crédits.

En Côte d’Ivoire, UA-Vie, filiale du Groupe Sunu et première compagnie d’Assurance Vie de la zone CIMA, fait figure de pionnier en la matière et a signé des partenariats avec les principales banques du pays. En 2013, 30% de son chiffre d’affaires provenait de la bancassurance.

Quels sont d’après vous, les défis majeurs des prochaines années pour le secteur de l’Assurance en Afrique ? et comment peuvent-ils être relevés ?

 Il faut accélérer le taux de pénétration de l’assurance en Afrique. Cela passe par l’éducation et par la création de produits d’assurances adaptés aux besoins des populations.

Les assureurs contribuent de façon importante aux financements des économies nationales : nous souscrivons aux emprunts nationaux, nous prêtons aux banques, aux entreprises et aux particuliers. A cet effet il serait souhaitable de se doter à terme de solides places financières.

Propos recueillis par A.C. Diallo