Forum ABLC

La conférence annuelle de l’African Business Lawyers Club (ABLC) avait, cette année, pour thème : « African Cities Promises : Unleashing the Potential of Urban Development ».Cette rencontre qui commence à faire parler d’elle, s’est déroulée dans les locaux du MEDEF à Paris. Elle a réuni plusieurs panélistes de haut niveau qui ont abordé la problématique de l’urbanisation en Afrique. Un sujet très actuel qui a passionné l’auditoire.

Selon les prévisions des Nations- Unies, la population urbaine africaine (qui est actuellement de 481 millions) devrait passer à 1 milliard en 2040 et à l’horizon 2060, 4 africains sur 5 habiteront en ville.

L’Afrique est ainsi la région du monde où l’urbanisation est la plus rapide, avec un rythme de croissance des villes corrélé à une poussée démographique sans précédent tout continent confondu.

Repenser la « cité africaine »

La capacité des pays africains à tirer profit des opportunités offertes par cette croissance urbaine va dépendre de leur habilité à anticiper et résoudre les problèmes créés par cette urbanisation massive et rapide.

Face à cette transition urbaine, repenser la « cité africaine » est plus que jamais une nécessité.
De vastes réformes de planification et des stratégies d’urbanisation doivent être portées et mises en œuvre par les collectivités locales, les Etats et les organisations internationales.

Cette prise de conscience collective doit aboutir à l’adoption de mesures ambitieuses d’aménagement du territoire et de gouvernance des villes au vu de la diversité des réalités urbaines en Afrique.

Les leviers de transformation des villes

africaines sont multiples: le finance- ment de projets intégrés, l’adoption de nouvelles méthodes de gestion pour les communes, le vote de législations urbanistiques et architecturales, etc.

Créer des espaces urbains adaptés

L’un des défis majeurs du XXIème pour les villes africaines sera de créer des espaces urbains adaptés aux nouveaux modes de vie des citadins.

Les besoins d’investissements dans les villes d’Afrique subsaharienne sont ainsi estimés à 35 milliards de dollars par an.

Toutefois, la construction des métropoles de demain nécessite non seulement la mise en place de réelles infrastructures urbaines de transport, de collecte des déchets, d’accès à l’énergie et à l’eau potable notamment, mais également la clarification des droits fonciers pour faciliter l’émergence d’un marché formel de l’immobilier.

Autant de défis que d’opportunités pour les acteurs publics, les investisseurs et les entrepreneurs.
Afin que la promesse des villes africaines devienne réalité, le secteur public et le secteur privé devront coopérer dans la mise en œuvre des réformes et des projets nécessaires.

La conférence de l’ABLC a eu le mérite d’amorcer une réflexion globale visant une meilleure compréhension des challenges et des conditions indispensables afin qu’une urbanisation africaine réussie et durable bénéficiant à tous les africains puisse se mettre en place.

Répondre aux aspirations des citadins africains

En effet, la transformation de l’immense potentiel des villes africaines permettra de répondre aux aspirations des citadins africains à une meilleure qualité de vie, des services de bases efficaces, des emplois pérennes et des espaces de vie sains où leur sécurité est garantie.

Par sa capacité de structuration et d’intégration, la ville est à même de transformer la trajectoire de développement de tous les pays du continent.

De nombreux experts et praticiens, au nombre desquels, le notaire malien Boubacar Sekou SOW, les promoteurs immobiliers Charles Bruno DOGBE (Président de CCI PATRIMOINE) et Madani TALL (Président de ENVOL IMMOBILIER) ont livré leurs analyses sur la problématique de la transition urbaine et ses conséquences.

Les échanges et contributions, très instructifs ont permis de lever un coin de voile sur un sujet dont la pertinence n’est plus à démontrer.

Le rendez-vous a été pris pour l’édition 2018, toujours au MEDEF à Paris. A.C.D