Clément CHENOST, Co-fondateur du Fonds MORINGA : « La vision du Fonds Moringa est de créer des bénéfices économiques pour les investisseurs et les communautés locales tout en insistant sur les aspects sociaux et environnementaux des projets.»

L’agroforesterie est aujourd’hui unanimement reconnue comme une réponse à la demande grandissante de produits issus de l’agriculture et de la forêt et aux questions relatives au réchauffement climatique. Un fonds d’investissement est désormais dédié à ce secteur : Le fonds Moringa. BUSINESS AFRICA a interviewé Clément CHENOST, son initiateur et dirigeant.

Normalien, ingénieur des eaux et forêts, Clément CHENOST a d’abord travaillé à l’Office National des Forêts Français (ONF) notamment sa branche internationale. Ensuite il intègre le cabinet Ernst and Young au sein du département développement durable. Il revient en 2009 à l’ONF mais cette fois ci comme directeur du développement de l’International. C’est alors qu’il eut l’idée de la création du Fonds Moringa. Après trois années de levée de fonds, le projet voit finalement le jour en août 2013, avec le soutien financier de la banque Edmond de Rothschild.

Pouvez-vous nous faire une brève présentation du Fonds Moringa ?

Doté d’un montant de 84 millions d’euros, le Fonds Moringa est un fonds de private equity mais d’impact.

C’est à dire qu’il y’a bien sûr la recherche d’un retour sur investissement mais égale- ment des impacts environnementaux et sociaux.

Le Fonds Moringa investit dans des projets agro forestiers rentables notamment en Amérique Latine et en Afrique Sub-Saharienne. La vision du Fonds Moringa est de créer des bénéfices économiques pour les investisseurs et les communautés locales tout en insistant sur les aspects sociaux et environnementaux des projets.

Aujourd’hui, on est en phase de déploiement c’est à dire qu’on investit dans des sociétés. Notre objectif est de parvenir à une dizaine d’investissements entre 5 et 10 millions d’euros chacun.

Comment votre portefeuille est-il constitué de la création du fonds à ce jour ?

Notre premier investissement était au Nicaragua, dans une entreprise de café et de bois de très haute qualité. Ensuite ce fut au Belize dans le lait de coco et le citron vert.

Le 3ème investissement était au Bénin dans une industrie de transformation de noix de cajou.

Le 4ème investissement a été fait au Kenya dans le gingembre et le bois.

Enfin, nous venons d’investir dans une entreprise brésilienne de cœur de palmier biologique.

Quel est le ticket d’entrée ?

Le niveau moyen se situe entre 3 et 5 millions d’euros. En fait nous investissons dans des entreprises qui ont déjà une activité et nous apportons des capitaux pour les faire passer à une autre échelle. Ce n’est pas du « venture capital » mais plutôt du capital développement. Nous pouvons aller jusqu’à 10 millions d’euros d’investissement dans une entreprise. C’est de l’equity de long terme. Le fonds à une durée de vie de 12 ans et les investissements sont par période de 7 à 8 ans. On est le premier fonds au monde sur l’agroforesterie.

Que vous apporte le partenariat avec la banque d’affaires Edmond de Rothschild ?

Le partenariat financier avec la banque Edmond de Rothschild nous donne énormément de crédibilité auprès de la communauté des investisseurs. Il faut noter que la banque Edmond de Rothschild est très active en Afrique. Par ailleurs Ariane de Rothschild qui gère la banque est née en République démocratique du Congo, il y a donc des liens personnels assez forts.